Gérer le salissement de la luzerne

Six stratégies éprouvées

La luzerne est reconnue pour sa richesse en protéines et sa bonne résistance à la sécheresse. Toutefois, son implantation reste délicate. La plante couvre mal le sol au départ, surtout en hiver, ce qui laisse un espace favorable aux adventices. Sa faible capacité de compétition rend la luzerne particulièrement sensible à leur présence. Pour sécuriser l’installation et maintenir le potentiel de production, différentes stratégies d’association ont été étudiées et mises en avant dans les références techniques.

1. Associer la luzerne à des trèfles pérennes

L’introduction de trèfles dans les luzernières peut contribuer à mieux contrôler le salissement. Les résultats montrent que les trèfles annuels n’apportent pas d’intérêt en semis de fin d’été, car la concurrence qu’ils exercent peut même être préjudiciable. En revanche, les trèfles pérennes donnent des résultats plus probants. Le trèfle violet, par exemple, favorise une productivité correcte et assure un bon contrôle des adventices. La teneur en matière azotée (MAT) est un peu plus faible, mais ce défaut est compensé par un rendement global plus élevé. Le trèfle blanc, de son côté, présente une production légèrement réduite (de 0 à 20 %), mais sa MAT est plus importante. Dans les deux cas, l’efficacité sur la maîtrise du salissement est avérée dans la durée.

2. Semer la luzerne sous couvert de céréales

Une autre stratégie consiste à implanter la luzerne sous un couvert d’orge ou d’avoine. Les essais montrent que cette pratique permet de réduire nettement la présence d’adventices. En semis d’automne, le bénéfice est marqué, même si la concurrence de la céréale limite la place de la luzerne, qui peut représenter seulement 10 % du fourrage à la première coupe. En semis de printemps, l’effet bénéfique est toujours observé mais avec une concurrence moindre, ce qui permet à la luzerne de mieux s’exprimer.

3. Pratiquer le subsemis dans une céréale de printemps

Le subsemis est une technique spécifique de semis en deux temps. La céréale, souvent de l’orge ou de l’avoine de printemps, est d’abord semée en ligne. La luzerne est ensuite implantée à la volée, au plus tard avant le stade de tallage de la céréale. Cette méthode permet d’utiliser la céréale comme plante compagne afin de couvrir rapidement le sol et limiter le salissement, tout en laissant à la luzerne le temps de s’installer.

4. Associer la luzerne à des graminées peu agressives

Certaines associations avec des graminées se révèlent également efficaces, à condition de choisir des espèces peu compétitives. Les graminées trop agressives comme le
ray-grass anglais, le dactyle ou le festulolium réduisent fortement la part de luzerne dans le couvert, ce qui dégrade la qualité du fourrage. À l’inverse, des espèces comme la fléole, le brome ou encore la fétuque des prés permettent de maintenir un équilibre intéressant. Selon les essais, la part de la luzerne peut représenter 30 à 50 % de la biomasse en association avec la fléole, et 20 à 50 % avec le brome, dont le départ en végétation printanier est plus lent. Dans ces conditions, la productivité globale reste élevée, avec des rendements supérieurs à 11–12 tonnes de matière sèche par hectare et par an, sauf en cas d’association avec le ray-grass anglais.

5. Adopter la date de semis

Certaines associations avec des graminées se révèlent également efficaces, à condition de choisir des espèces peu compétitives. Les graminées trop agressives comme le
ray-grass anglais, le dactyle ou le festulolium réduisent fortement la part de luzerne dans le couvert, ce qui dégrade la qualité du fourrage. À l’inverse, des espèces comme la fléole, le brome ou encore la fétuque des prés permettent de maintenir un équilibre intéressant. Selon les essais, la part de la luzerne peut représenter 30 à 50 % de la biomasse en association avec la fléole, et 20 à 50 % avec le brome, dont le départ en végétation printanier est plus lent. Dans ces conditions, la productivité globale reste élevée, avec des rendements supérieurs à 11–12 tonnes de matière sèche par hectare et par an, sauf en cas d’association avec le ray-grass anglais.

6. Ajuster les doses de demis

Les densités de semis constituent un autre levier de réussite. Les essais plus anciens ont souvent été réalisés avec des doses relativement faibles de luzerne, autour de 14,5
kg/ha, ce qui peut expliquer la faible proportion de luzerne observée dans certains mélanges. Il apparaît donc nécessaire de tester des doses ajustées de luzerne et de
graminées afin d’optimiser la place de la luzerne dans le couvert et d’améliorer la maîtrise des adventices. Ces pratiques permettent à la fois de sécuriser l’implantation de la luzerne et de limiter la pression des adventices, garantissant ainsi un meilleur équilibre entre rendement et qualité.

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